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Exclusivité ou pas, ce n'est pas la vraie ou la seule question

Le problème concernant l'engagement et l'exclusivité dans la société dans laquelle nous nous sommes construit.es, dans notre modèle familial, n'est pas l'exclusivité ou la non exclusivité en soi, à mes yeux, mais c'est de ne pas se poser la question au début d' une relation, ni de se dire qu'elle pourrait un jour être posée. Comme si cette question était tabou. Face à une personne que l'on aime, comme nous ne serions pas capables de nous affirmer, nous évitons le sujet.. Car si celui ou celle que l'on aime envisage la relation différemment de soi, cela voudrait dire qu'il vaut mieux renoncer à cette union. Ou faire comme si nous étions d' accord, ou n'avions pas cru ce qui a été dit, etc etc.. Donc pour vivre leur relation, les couples n'abordent pas ce sujet. 

 

Plutôt que de rejeter toute la responsabilité sur la société et ses normes, la question serait donc de comprendre, dans le cadre de cette société dans laquelle nous nous sommes construit.es,  ce qui fait que l'on refuse d' envisager de ne pas vivre une relation ? Le monde n'évolue que si l'on assume ses choix ou orientations, si l'on assume aussi que l'on ne peut plus les prendre, sans rejeter toute la responsabilité sur les autres ou sur la société, mais en réfléchissant à la manière dont on la perçoit et dont on voudrait s'y placer, la faire évoluer, cad que chacun.e y trouve son compte.

 

Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura un jour plus de souffrance mais que l'on se respectera mieux, soi-même et les autres. 

 

Si les gays n'avaient pas assumé leur orientation, que tout était resté dans l'ombre, ils n'auraient toujours aucune légitimité. La légitimité, la reconnaissance sociale d' une position vient aussi du fait d' assumer des choix et des orientations, cad de ne pas mentir sur celles ci. Évidemment il y a légitimité quand ce paramètre s'ajoute à celui de ne pas nuire à autrui. Vouloir tout avoir ce n'est pas grave mais mentir pour cela c'est autre chose. C'est aussi vouloir tout maitriser.. Et bouffer à tous les râteliers pour cela.  Alors oui, assumer c'est prendre un risque mais c'est être loyal.e. Et libre ! Car la conscience propre est une composante essentielle de la liberté, à mon sens en tout cas. Et c'est autre chose que de se la donner par des excuses. C'est faire face à ses choix et responsabilités. Or, si l'on peut sans scrupules assumer de mentir, peut-on dire que mentir c'est assumer ? 

 

Ça, c'est une chose, dans un cadre. Celui qui existe. 

 

Malgré tout, la question de nos normes sociales peut être aussi posée. La manière dont nous composons avec la famille, notamment avec l'enfant au centre et autour duquel le couple doit s'articuler dans nos sociétés occidentales y est pour beaucoup dans le fait que nous nous enfermons tou.tes seul.es dans des sacs de noeuds. Mais la question des enfants permet aussi de ne pas assumer nos choix. Les enfants, centre autour duquel devrait s'articuler le couple, serait donc surtout les jouets des adultes, et de la politique, bien sûr. Repose sur eux, une responsabilité de la sexualité des adultes, comme s'ils devaient être les garants de celle de leur parents qui se devraient dêtre fidèles...   

Dans les divorces pour faute, selon l'étude ci dessous, il est constaté que les conjoint.es trompé.es se serviraient des enfants pour justifier d'une irresponsabilité des époux qui trompent, prétextant, parfois à raison, que ceux/celles ci négligeraient leurs enfants d' une maniée ou d' une autre. Si nous vivions dans une société où la famille n'était pas nucléaire, que les enfants étaient sous la responsabilité d'une famille élargit et non des seuls parents, la question du couple se poserait autrement, et la monogamie serait même sans doute un mode de couple tout à fait différent, sans une obligation d' exclusivité affective et sexuelle.  Les enfants se construisant aussi dans un modèle de société plus ouvert et où ils ne seraient ni délaissés, en tout cas pas plus qu'aujourd'hui, ni le centre de toutes les attentions autour duquel le couple devrait s'articuler, et de ce fait, leurs propres conceptions de la vie affective et sexuelle seraient différentes. On pourrait même imaginer qu'ils seraient emotionnellement plus équilibrés. 

 

https://www.caf.fr/sites/default/files/cnaf/Documents/Dser/PSF/089/RP89-Veronika%20Nagy.pdf

 

 

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