http://m.koreus.com/video/violence-conjugale-camera-cachee.html
Cette video met bien en évidence la question des rapports de genre dans la violence conjugale. Un homme se devrait d' être fort, viril, selon critères sociaux attribués à la virilité. Car oui, je crois bien que la virilité est faite de critères sociaux. Moi, avant, je croyais que virilité était égal à bite, mais apparamment, ça ne suffit pas. Plus sa bite serait grosse, plus un homme serait viril. C'est ça nos critères de virilité. Mais ça va plus loin encore. C'est à dire que pour en avoir une grosse (en fait pour le suggérer), il faudrait avoir des gros muscles, et puis une grosse voix, être grand, ou/et poilu, ou/et violent, au moins un peu quoi. C'est comme ça qu'on reconnait les vrais hommes, pas vrai ?
Une femme se devrait d' être douce et fragile, ne pouvant être violente (normal, une femme n'a pas de bite... sauf si elle s'est faite opérer mais on dit alors que c'est une transexuelle).
S'il est vrai que la violence des hommes tue beaucoup plus, prenons l'exemple d'une dispute sans coup, sans insultes, entre un homme et une femme. Si les hommes se doivent aux yeux de la société de se montrer "viril", comme être les plus forts (car bite = fort et GROSSE BITE = TRES FORT) "porter la culotte", le ton monte parce qu'ils se sentent obligés d' avoir le dernier mot. C'est quelque chose qu'ils ont intégrés, et qu'ils intègrent régulièrement. Comme les femmes d'aujourd'hui s'écrasent moins que celles d'hier, imaginons que la femme réponde (la garce !) : le ton monte encore, et on peut en arriver aux insultes, menaces, et aux coups.
Bien sûr ce n'est pas toujours le cas, des hommes partent déjà du principe que leur femme doit se soumettre. Être les plus forts, c'est donc le message intégré par les garçons, ils se construisent avec.
Mais il y a des hommes qui ne sont pas violents (et pourtant qui en ont une, et bien proportionnée) et sont violentés par des femmes. Comment peuvent ils se défendre si ils ne peuvent pas en parler, dans le cas où ils ont affaire à une femme qui les violente ? Quand c'est le cas pour une femme elle peut porter plainte ou s'adresser à des associations, des services sociaux, en parler à des amies, à sa famille, et déjà c'est dur, à cause de la peur et de la honte de n'être pas partie plus tôt par exemple, ou parce qu'à l'extérieur elle n'a rien montré et a peur de ne pas être cru, ou par amour. Pour un homme non violent c'est pareil, sauf qu'il n'est pas cru d' office, on se fout de lui, il peut avoir aussi honte de n'avoir rien dit et honte de ne pas s'être défendu.. en d' autre terme de ne pas avoir maté sa femme ? Cette société stéréotypée fabrique la violence, déjà, à ce niveau là.
Il y a aussi la question de l'homophobie. Nous sommes dans des sociétés profondément homophobes (toujours le truc lié au sexe). Or, l'homophobie a également un impact sur les comportements parce qu'un homme qui ne se défendrait pas en ayant le dessus (...) face à une femme violente, on lui fait comprendre que c'est pas un homme, mais une "tapette" pour reprendre un terme couramment utilisé.. Comme si les homos n'étaient pas des hommes, qu'ils n'avaient aucune virilité. Alors il faudrait montrer "qu'on est un homme". Non seulement c'est homophobe, mais ça enferme les hommes dans des rôles, et en plus ça laisse entendre qu'il n'y aurait pas de violence chez les homos. Quand aux femmes violentes elles seraient "des bonhommes", autrement dit des camioneuses. Comme si les camioneuses étaient des molosses (qui dit molosse dit fort ?) et que les femmes fluettes ne pouvaient pas être violentes.. On peut voir dans tout ça que tout est entremêlé et pétri de représentations.
Quand on regarde la vidéo, on constate aussi que les femmes, elles-mêmes pétries de représentations stéréotypées (il n'y a pas de raison pour qu'elles soient plus épargnées que les hommes), participent à la construction des comportements violents des hommes.