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Il y a un temps pour se taire


Il y peu de temps, j'ai ressenti un espace, une place où je pouvais me mouvoir. Elle est partie d'un constat, ou d' un résultat, un peu comme une révélation, qui est que l'on ne peut faire que ce qui est à notre portée. Tout s'est mis en place ensuite, lorsque j'ai intégré cette notion par l'exercice assez mystérieux de la penser et la ressentir en même temps.

Qu'est ce qui est à notre portée? Tout dépend, du moins pour ce qui me concerne, du morcellement au départ, puis de la situation "géographique" des morceaux qui ont longtemps circulé avant de se rassembler. Et comme tout est relié par un système de réseaux internes complexe, une mémoire inconsciente, c'est en fin de compte la cohérence du sens de la chose qui vient à moi et non le contraire. Comme je suis éprise du sens de la recherche et de la réflexion, et en même temps assez isolée (quand ce n'est pas totalement), cad que, je ne sais pas pourquoi, mon relationnel est défaillant avec la plupart des gens, j'ai beaucoup tenté d' échanger sans y parvenir. En en souffrant beaucoup. J'ai donc changé mon fusil d' épaule, sans le chercher, par cette formule du "faire ce qui est à sa portée" et adopté avec cette "plupart des gens" l'observation consciente (observation qui était auparavant diffuse et dans tous les sens, morcelée), l'écoute, quand c'est intéressant, dans le silence et le recul. Et c'est bon.. Bien plus constructif. D' abord, je ne suis plus dans l'échec relationnel. Bien sûr, au milieu des autres je suis toujours exclue. Peut être plus encore.. A moins que le silence, l'arrêt des tentatives de contact, fasse plus de lumière encore, sur cette exclusion (que je provoque peut être.. Sans doute. Je ne veux pas dire que c'est de la faute "des autres"). Sauf que mon choix de conduite et la concentration que je porte sur ce qui est à ma portée me permet de ne plus souffrir de cette exclusion. C'est comme si mon narcissisme était guérit. Alors je suis un peu triste au fond quand même de cette profonde solitude mais je compense aujourd'hui largement avec un sens que j'ai trouvé à ma vie. Et je n'ai plus de pression. Charles Bukowski disait "Les jours s'en vont comme des chevaux sauvages dans les collines." Cette phrase est la plus fabuleuse que je n'ai jamais entendue. J'y pense dès que la noirceur se fait à peine sentir et c'est comme si j'étais un de ces chevaux.. Je n'ai plus le temps de souffrir.

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