Un article que je trouve en première lecture particulièrement choquant dans la manière dont il est écrit... Il y a toutefois des questions qui peuvent se poser même si je partage peu ce qui est écrit, et pas du tout le ton péremptoire accusateur et méprisant envers les femmes. La peur du viol, le fait qu'il soit finalement souvent reproché aux femmes qui en sont victimes d' avoir "trop bu, d'être sorties trop tard, d'avoir mis une tenue trop affriolante", ou tout simplement qu'elles doivent se justifier d'une plainte éventuelle, et la pression que peuvent ressentir les femmes dans tous les domaines est totalement niée. On réduit cela à "elles ont peur d' être prises pour des salopes" sans prendre en compte l'emprise que peut avoir ce facteur sur leur vie, la nécessité de se justifier en permanence, de mettre des limites et de se faire respecter (Ah oui mais si elles mettent une jupe et sortent seules le soir, faut assumer c'est ça ? Sinon ce serait bafouer les hommes ?.
L'article est autant particulièrement compatissant envers les hommes qu'il est méprisant envers les femmes (et les mères). En deuxième lecture, après avoir respiré un bon coup pour prendre du recul et pour en trouver un fond constructif, je retiens que selon l'auteure : Peu de femmes feraient le premier pas car elles auraient peur d' être confrontées à un refus, et de passer pour une salope. Ce qui les mettraient paradoxalement en position de force quand aux rapports de sexe.
Le fait qu'elles seraient passives les mettrait en position de force. (tout ceci est très affirmatif) Les hommes sauraient dire non, et seraient moins sensibles au physique que les femmes. Ils auraient souvent le besoin d'être amoureux pour coucher.
Les femmes réaliseraient davantage leurs fantasmes que les hommes........... En fait parce qu'elles seraient moins nombreuses (RARES dit l'article) à souhaiter aller au bout. (Et que cela ne déplait pas aux hommes ?) Ce qui est un peu malhonnête c'est la question de départ : "Pourquoi est-ce que les femmes ont plus de facilité que les hommes à réaliser leurs fantasmes?"
Ce qui est malhonnête également : il serait pour l'auteure tout à fait acceptable que les hommes aient besoin d' être amoureux pour coucher et, pour reprendre les termes de l'auteure, fassent la petasse et disent non. Ce qui est loin d' être aussi acceptable par l'auteure, de la part des femmes, qui de ce que je comprends ne devraient pas dire non... Se mettre en valeur peut avoir plein de raison, mais il semblerait que pour l'auteure, du moment où les hommes seraient désirant les femmes ne devraient pas se refuser... Ou elle seraient des provocatrices, "des divas agitant le susucre de leur précieuse petite personne devant un parterre d’hommes qu’elles bafouent." Par contre, le même comportement lui semble amusant de la part des hommes...
De même, la timidité d' hommes serait touchante parce qu'elle serait contraire à des idées (prétendument) reçue, mais celle de femmes serait au mieux une nunucherie, au pire une manipulation, si je comprends bien.
Quand au passage sur les mères et celui de l'idée qu'une agression sexuelle aurait moins de conséquences "si l'on simplifiait l'idée du sexe"....... Affligeant.
En gros cet article reproche aux femmes d' être ce qu'elles seraient avec une analyse aussi fine que gribouille, et plaint les hommes de leur malheureuse et injuste condition, le tout sur des affirmations sans fondements.
Sommes nous moins enclines à proposer qu'à disposer ? Je ne crois pas, de fait, en tout cas. Mais être dans la proposition nous stigmatise... Notamment aux yeux de la loi ! Et ce stigmate est ce qui est utilisé pour bafouer, en revanche, notre droit à dire non ! Donc d' un côté, il nous est reproché de ne pas être assez demandeuses, et de l'autre, si nous le sommes, nous pouvons le payer très cher... Pourtant, quand nous sommes en confiance, nous sommes enclines à proposer.. Et le refus n'est pas un problème. Les réactions des hommes sont d'ailleurs parfois assez farfelues parfois :-/ ..! (expérience personnelle). La violence de cet article réside dans la double injonction qui est faite aux femmes. Il nous est reproché de ne pas être assez courageuse en quelque sorte.. D'être des quiches.. Et des allumeuses mesquines.. Tous les défauts de la terre.. D'un côté nos comportements résultent en grande partie de notre mise sous tutelle par la menace permanente et intégrée du viol et du harcèlement sexuel, appuyé par la nécessité d' être "une femme bien" (...) (sinon on va te punir... et en plus tu devras te justifier de ce pourquoi tu le seras) et de l'autre on nous reproche de ne pas être assez ceci ou cela, ou trop ceci ou cela...