Le réel, c'est ce qui vit dans le présent. Et le présent peut dater de 100 ans. Le réel est tout ce dont nous n'avons pas réalisé ce qui le fait encore agir dans présent. Une fois réalisé l'élément clé qui le fait se maintenir dans le présent, il sort du réel et devient le réal (de "réalisé"). Le fait prend sa place dans le temps et donc n'interfère plus dans notre réel, plus dans notre présent. Il devient alors possible d'objectiver un événement passé. De le revoir dans son temps et son contexte. Il n'interfère plus emotionnellement comme un événement intime dans notre présent, "comme si nous y étions" encore. Il reste constitutif de notre histoire mais n'est plus vécu comme quelque chose de présent, "comme si nous y étions" , alors que nous n'y sommes plus. La raison peut faire son travail, s'il a lieu d' être, sur la base d'un souvenir et du discours qui l'a entouré, ainsi que sur le discours collectif. Et cela, tout en pouvant aller de l'avant. Toutefois, l'émotion peut aussi se déplacer... Car si réaliser ce qui nous enfermait dans le passé , individuellement, comme si nous y étions encore, nous permet de changer notre optique, cela nous conduit aussi à réagir sur la question d'un discours collectif et dominant relatif au sujet de cet événement (quand il recouvre une question de société). Mais ici, nous nous plaçons dans le réal/réel : nous réalisons l'impact du discours. Et à la différence de vivre comme présent ce qui est passé, de vivre comme réel, ici et maintenant, quelque chose de finit, le discours collectif dominant est bien présent, réel, vécu ici et aujourd'hui. Il y a donc dans la réalisation de ce que dit le discours collectif, du réal et du réel.