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Socialement psychologique

http://www.barbieturix.com/2014/05/04/violence-conjugale-entre-femmes-encore-un-tabou/

 

Lorsque j'ai parlé de violence conjugale en tant qu'hétérosexuelle, les discours que j'ai rencontrés ont presque toujours été culpabilisants. Comme si j'aimais de façon morbide la violence, que c'était un truc partagé 50/50. Une cause psychologique qui ferait que l'on choisirait des partenaires violents. Pour se détruire. Ou régler quelque chose de personnel. Ou encore, comme si c'était impossible "avec mon caractère".

Oui, nous pouvons participer à cette violence ou son entretien, en restant, en la subissant, en la renvoyant ... Mais nous n'en sommes pas coupables. Pas coupables de la jalousie morbide de l'autre, pas coupables de ce qu'il/elle met en œuvre pour notre destruction, ou quitte à nous détruire.

J'ai fini par y croire, pourtant, que j'étais coupable. Au point d' avoir défendu celui qui me maltraitait car j'avais honte d' être restée si longtemps et je ne voulais pas croire que cela ne cesserait pas définitivement.

Ce discours du "psychologique", culpabilisant bien que se voulant réparateur, analysant, pour éviter les récidives, pour comprendre ce qui a fait que, existe depuis très longtemps.

Avant les femmes subissaient pour des raisons matérielles et morales (par exemple préserver les enfants dans la violence valait mieux qu'un divorce, soit disant) invisibles à des yeux d' enfants filles qui intégraient qu'il fallait subir. Le discours a muté mais il fut de dire que même si la violence est condamnable les victimes en seraient aussi complices. Donc la notre de violence, supposée, ou notre volonté supposée d' y participer, de tendre le flanc, serait également condamnable. De cette manière la violence que l'on subi n'est pas considérée comme une cause extérieure à soi. De ce fait nous restons, parce que l'amour le vaudrait, qu'il ferait tout changer, comme si nous voulions nous faire pardonner la violence que l'on reçoit, que l'on ne vaudrait pas mieux. Puis par la peur de ne pas être crues, la honte, la peur tout court des chantages, menaces, représailles...

Cet articles ci dessus et ces témoignages de la communauté Lesbienne viennent de me faire prendre conscience de tout cela. Parce que c'est un lieu non commun, il fait jaillir quelque chose que je ne pouvais pas voir dans un lieu connu (H/F) tellement pétri de culpabilité.

Lesbiennes ou Hétérosexuelles, nous sommes des femmes traversées par des siècles de violences spécifiques.. transmises en silence. Et le fait qu'elles ne soient pas comprises et que ces violences soient psychologiques plutôt qu'identifiées comme des intégrations sociales et des discours sociaux qui passent par le psychisme, noie le poisson.

On pourrait dire que subir la violence comme faire violence est SOCIALEMENT psychologique. Il existe bien sûr aujourd'hui des campagnes de sensibilisation et des associations dédiées aux violences faites aux femmes, hétéros.. On voit bien l'influence du discours par l'affiche ici d' ailleurs.. Non seulement elles sont discriminatoires donc, puisqu'excluant les femmes Lesbiennes, mais ces campagnes ne vont pas assez loin dans le sens où l'on s'arrête aux faits, à leur condamnation, et que tout le reste est dans le non dit.. Et passe par le psy.. Et comme les discours psy font totalement abstraction du champ social.... Je ne veux pas dire qu'ils sont inutiles, mais en tout cas ils ne sont pas suffisants, ramenant le sujet de la violence à nos histoires personnelles, déconnectées des histoires collectives..

Voilà .. Ce que je peux dire de ce que je retiens de la prévention et prise en charge dédiées aux hétéros.. Et ce n'est pas pour parler des hétéros .. Mais parce que la présence et la parole des Lesbiennes porte quelque chose de nouveau dans le paysage.. En tout cas du mien. Elle le modifie.

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