Il y a je trouve une énorme violence qui circule sur FB mais aussi qui se produit je crois, par la manière dont est conçu l'outil qui vient tenter et nourrir des failles narcissiques produites par notre société. Avec du recul, cet outil mettant le doigt dessus peut nous en faire prendre conscience et nous enseigner quelque chose.. Mais dans la violence de ce que l'on reçoit, pas forcement en mots, parfois ce peut être en silences, en ignorances, ou dans la profusion d'articles qui touchent des blessures.. enfin cela reste de l'ordre de l'émotionnel..
Mais peut on se couper totalement de la dimension émotionnelle dans un réseau social dédié à l'échange ? Peut on vraiment, si l'on échange, séparer l'affect de l'intellect ? Est ce vraiment un problème uniquement narcissique ? Je parle souvent de la création d' attentes dans l'échange. Je me demandais lesquelles étaient elles ? Je crois qu'elle est simplement le désir de la continuité des liens crées par les échanges et les partages intellectuels. Les émotions, peine, colère, etc... procurées par des ruptures dans le monde virtuel parfois sans un mot ne me paraissent pas anormales. De même que ce que ces micro-ruptures (je dis micro car virtuelles, comme de micro-lesions, pas dans le sens moindre), peuvent engendrer comme frustrations et sentiments insecures , replis sur soi par évitement.
D' un coté nous avons la tentation de rester, car quel outil pour se nourrir intellectuellement... dans le lien ! D' un autre coté, comme je viens de l'écrire, que de violence.. FB, c'est aussi du groupe, nous ne sommes pas dans une relation virtuelle entre deux individus et je pense que cela joue énormément sur la manière dont nous y vivons les relations. Dans le virtuel, entre deux personnes, le dialogue est plus respectueux et les ruptures quand elles se produisent peuvent davantage être mises en mots, expliquées.
La question se pose aussi à la fermeture d' un compte qui vient souvent par trop de violence ressentie. Comment s'y prendre alors ? Dilemme .. L'annoncer peut être une manière de vouloir avoir une éthique mais serait considéré comme prétentieux et égocentrique. Les allusions ne se font pas attendre.. Et l'ignorance dit qu'il n'y avait pas matière à annoncer quoique ce soit. Mais ne pas l'annoncer serait considéré comme une forme de mépris .. Personnellement, je suis partie et revenue plusieurs fois, parfois en l'annonçant, parfois sans rien dire... C'est vraiment délicat. J'ai choisit la discretion pour finir. Reste la question d'y revenir ou pas.. Une fois les effets de la violence ressentie apaisés, la tentation de rejoindre à nouveau le groupe peut se faire à nouveau sentir. Et il est si simple de réactiver un compte. Comme un fumeur ou une fumeuse, il faut parfois plusieurs tentatives pour tourner définitivement une page, et cela ne se fait pas sans en tirer quelques enseignements.. Qu'il faudra retravailler peut être. Une autre possibilité est de créer un compte hyper restreint, avec très peu de personnes, des liens secures qui ne font pas violence, et avec les pages de nos intérêts (ici regroupées, avec les thématiques, c'est un avantage pour ne pas passer des heures à chercher sur internet), et pourquoi pas créer un blog à part pour poser quelque part tout ce que l'on a besoin de poser, sans l'imposer à qui que ce soit. C'est en fait la solution que j'ai choisi... Pour éviter d'être tenté de réactiver un compte, il vaut mieux supprimer tous ses contacts avant... A chaque contact supprimé je revoiyais le visage de la personne et je me disais : "désolée.. salut et bonne continuation".. ça m'a fait quelque chose.