Alors très bien, la censure est partout ! Personne ne veut toucher au bébé le premier. Quoi ? Vous avez peur de quoi ? de vous salir les mains ? De salir votre réputation ? De donner du grain à moudre aux abuseurs et abuseuses en tous genres ? Est-ce qu'il ne faut pas parler de féminisme parce qu'il y a des anti féministes ou des gens qui en profiteraient pour faire valoir leurs thèses abusives ? Est-ce qu'il ne faut pas parler de sexe parce qu'il y a des conservateurs ? Est ce qu'il ne faut pas parler de pratiques et d' orientations jouissives pour les un.es et les autres parce qu'il y a des gens qui en profiteraient ? Est ce qu'il ne faut pas parler de sexualité dans le contexte de l'inceste parce qu'il y a des gens qui en profiteraient pour faire valoir leurs abus ? Alors il faut censurer la sexualité et la jouissance des incesté.es, censurer leur construction, les empêcher de s'approprier leur sexualité parce qu'elle s'est construite dans un contexte incestueux ?? Ceux là sont-ils bannis ??? Relégués au rang du trauma ou d'une sexualité épanouie ou/et subversive ou/et violente, niant leur histoire et son influence ? Ou relégués au rang des survivant.es rentré.es dans le rang d'une sexualité idéalisée, soumise, effacée ??? Alors je vais vous dire. Cette putain de vie de censure est insupportable. Parce qu'à cause de cette censure sur la construction de la sexualité, au même titre qu'une autre, avec ses spécificités, dans l'inceste et dans un contexte incestueux, des incesté.es, il est impossible d' être libre. Impossible, la plupart du temps, d'être soi même et de parler librement de ce que l'on vit, en tant qu'être sexuel, de ce que l'on aime, de ce que l'on fantasme, sans être réduit à un sous être ou à un être malade. Vivre dans ces conditions m'est devenu insupportable. Tellement insupportable qu'il est arrivé un jour où je n'ai plus pris le risque d' affronter les regards soupçonneux ou condescendants. Je suis fatiguée. Et je sais que c'est un combat sans fin.