Notre sexualité ne peut nous appartenir que si elle est admise symboliquement collectivement et non réduite collectivement. Du fait de cette réduction par un discours dominant monstrueux, elle commencera à nous revenir vraiment, de plus en plus assurément, dans la mesure où elle sera intégrée, admise et revendiquée comme existante et pas moins saine que les autres par du collectif. Pas question de nier l'abus de pouvoir que nous avons subit, ni de nier les souffrances, le sentiment de non conformité à petite et grande échelle (famille/Société). Le mental enfant se construit selon les normes et le discours qui l'entoure et dans l'inceste la construction mentale de l'enfant est confuse. Il y a incohérence avec les normes et des perturbations dans les représentations sociales. Pourquoi se taire si tout est normal ? Il y a une distorsion du mental. Mais avec le temps, il y a aussi un travail de compréhension du monde, de ses limites, une conscience des censures, une deconstruction et construction de nouveaux repères... Puis vient l'enjeu de séparer, de dissocier, notre sexualité de l'abus de pouvoir, pour que la lutte ne se trompe pas de cible ! Notre jouissance nous appartient. Quand nous avons jouit enfant, c'était NOTRE JOUISSANCE. Et NOTRE jouissance, NOTRE plaisir, venait de NOTRE Corps ! La belle affaire ! Merde cette jouissance est bonne !! Il y a cette nécessité de notre reconnaissance en tant qu'être sexuel à part entière, avec nos spécificités et singularités, et AVEC les autres, non dans un registre à part, isolé comme la lèpre... c'est cette inclusion qui peut fait de nous des êtres sociaux libres !