Je me disais qu'il fallait parfois une somme de courage pour diffuser un article qui exprime une opinion. Lorsque l'on fait parti d' une communauté, dans le sens où, lorsque l'on a un point commun important qui constitue notre identité, nous avons toujours cette sorte de délit de loyauté envers elle suspendue au dessus de notre tête qui fera que nous pouvons nous censurer, et même ne pas nous autoriser à être en désaccord avec elle. Intellectuellement, ce que l'on dit, écrit, peut toujours être débattu et enrichi. Et comme le dit Jerry dans La maison et le zoo : "Parfois il faut faire un grand détour pour parvenir à parcourir correctement une toute petite distance." De ce fait, les opinions exprimées dans nos publications sont une chose, mais je crois que la cause qui nous fait nous exprimer et publier une opinion va parfois (ou souvent) bien au delà du sujet abordé. Nous faisons corps avec ce que nous écrivons (et corps prend un s) ou/et publions. Il faut donc une somme de courage intellectuel pour s'exprimer, mais pas seulement. Dans l'écriture et la publication de l'opinion (ou du cri ?) il y aurait : le sujet, la cause intellectuelle de l'opinion sur le sujet, la cause intime de l'opinion sur le sujet, (car le sujet vient percuter quelque chose de notre héritage). la cause intellectuelle de la publication de notre opinion, et la cause intime de la publication de notre opinion, qui vient réaffirmer ce qui a été percuté. (Parfois, il n'y a même que des causes intimes dans ce que l'on écrit). Je crois qu'il n'y a pas à chercher à savoir si l'on a raison ou tort de s'être exprimé. Il y a juste des chemins à explorer, intellectuels mais aussi intimes, surtout lorsque l'expression nous fait violence, et ce, qu'il s'agisse de celle des autres ou de la sienne qui fait boomerang.