
Il n'y a de dures que les épreuves que nous vivons encore, celles avec lesquelles nous ne sommes pas en paix. Cette paix c'est avec nous-même qu'il faut la faire en comprenant aussi que tout être humain, même nos parents, n'est pas que parent. Quand je regarde derrière moi, aujourd'hui, je vois que si tourmentée que fut ma vie, elle n'en est pas moins belle. Quand je pense à mes parents, (et à chacun des membres ma famille) je vois des hommes et des femmes, pris dans leurs histoires et dans un espace temps. Je vois mes parents dans la face obscure et maltraitante, mais aussi dans la face invisible, celle où ces êtres montrés du doigt, pleurent, souffrent, se cachent, je vois leurs tentatives maladroites d' être de bons parents, et je vois même des instants heureux, insouciants.. avec les enfants que nous étions. Je vois tout ça comme si je regardais un film, qui me parle mais ne m'appartient pas, comme un film sur l'humain que je regarde de loin, assise seule au fond d'une salle de cinema. Nos vies sont des patrimoines de l'humanité. Si certains drames laissent des traces indélébiles, et qu'ils fragilisent ici ou là, il ne faut pas oublier que, peut être par effet de compensation, la tendresse que l'on éprouve encore envers ces êtres dont on a vu les deux faces, est aussi indélébile. Il ne faut pas oublier non plus que les instants joyeux, quelques balades, quelques repas de fêtes, quelques vacances de pauvres heureux, sont également des traces indélébiles. Si l'on sait trouver une manière de penser notre vie, de penser la vie autrement que réduite aux stigmates, si nous parvenons à la voir plus grande, plus aérée, contenant également ses richesses, toutes ces traces indélébiles se diluent ensembles et donnent une oeuvre unique. A la santé de notre oeuvre.